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Nom du blog :
ecumesdesjours
Description du blog :
Petit journal personnel pour se distraire... C'est à voir et à lire !
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
30.03.2008
Dernière mise à jour :
17.06.2008
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Solstice d'été.

Posté le 17.06.2008 par ecumesdesjours
Soleil généreux. Vent de sud-ouest chaud et lourd comme le foehn, ce vent des alpes autrichiennes qui déchaîne toutes les ardeurs, agite les molécules au tréfonds des êtres. Exubérance chatoyante de la nature.
Relecture de Baudrillard : "le paroxyste indifférent". Oeuvre sans doute crépusculaire, distanciée mais si lumineuse, en effet paroxystique comme le point de non retour, forme d'orgasme cosmique , de supernova ; brillantissime chant du cygne. Bonheur extrême, presque insoutenable de la collusion, du jeu dans le langage, dans l'immixtion au sein de l'intelligence d'autrui.
Toujours cette même lucidité, cette extase renouvelée, diaphorétique par son bouillonnement intrinsèque.
A propos d'un article sur le livre de Pontalis "ce temps qui ne passe pas":
une théorie n'est rien d'autre qu'une sorte d'embarcation traversant le temps avec pour devise le mode optatif"que vogue la galére"
Implosion générale. Fin de l'histoire qui se dissout dans "l'actualité". L'actualité? Le ronronnement grave d'un présentateur qui lit avec ennui et détachement son prompteur depuis des années sous son maquillage roux . Subrepticement le retour du réel , un acte manqué parfaitement réussi: " vous aviez l'air d'un petit garçon fier de jouer dans la cour des grands " ( à propos de la participation d'un gnome au G8) .Pfuittt !!! Jeté,le vieux canard au romantisme suranné. Aux oubliettes . Au suivant . Une Barbie le remplacera. Ainsi va l'histoire pipolisée jusqu'au trognon.
Impression de vide social donc. L' humanité est aussi , à sa manière"paroxystique" et "indifférente"... Hors de l'histoire , hors de notre système d'interprétation, de représentation né avec les philosophes du 18 éme siècle . Nous retombons nous aussi dans cette fatalité ; peut-être la seule voie vers une renaissance des énergies créatrices? sauvageries coruscantes ( pas celles des rapeurs bling bling) qui construiront de nouvelles cosmogonies .



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massification

Posté le 22.05.2008 par ecumesdesjours
"On ne peut pas dire le mal sans être aux yeux de la pensée dominante qui est celle du bien , un traître et un imposteur" Baudrillard .
Imaginons les affres des camps de déportation dans les années 40 en Allemagne près de Buchenwald par exemple. Quel problème cela pouvait-il poser au citoyen allemand lambda qui vaquait, avec toutes les difficultés inhérentes à un état de guerre, à ses occupations quotidiennes ? Le camp était clos, hermétiquement. Aucune information fondée objectivement ne devait pouvoir filtrer à quelques centaines de mètres de là. En quoi pouvait-on considérer qu'il fût, ce citoyen, responsable directement de ces atrocités ?
Idem, hic et nunc. Qui sait ? qui a l'information dans ces masses obscurantistes manipulées , souvent par omission, par les medias ? C'est la démocratie, le respect des idéaux républicains, les droits de l'homme comme référence obligée ; une forme, une avancée définitive. Un rapprochement, une élévation inéluctable vers la perfection du "phénomène humain" selon Teilhard.
C'est ainsi qu'à quelques kilomètres de la côte de jade, au sein même de ce bocage riant du pays de Retz, dans ces prés encore illuminés de floraisons printanières s'élèvent de sinistres bâtiments aux façades oblongues, géométriques , fonctionnelles, aux "normes" actualisées par la législation européenne, "hygiéniques", destinés à l'élevage intensif. "Batteries" , mot connoté de triste mémoire.Adieu veaux, vaches, cochons, dindes drolatiques, grotesques et gloussantes dans les vertes prairies ...
Visions dantesques de l'accumulation absurde de profits liés à "l'exploitation" agricole des animaux. Plus-value sur la torture de millions d'êtres . Dix mille par unité de production : risques d'étouffement permanents. Espace vital compté. Univers excrémentiel , temples scatologiques. Parts obscures, obscènes de la fatalité entropique de notre économie . Atmosphère saturée d'exhalaisons azotiques de milliard de déjections quotidiennes.Abolition du temps et des corps soumis à une mécanique fonctionnelle implacable liée au rendement.. Tout tient à la chaîne .Tératologie programmée d'animaux happés dans la spirale infernale des intégrateurs qui exploitent eux-mêmes les petits paysans. Les dindes de 15 kgs ne peuvent plus tenir debout . En effet les progrès de la sélection génétique et de l'alimentation constants permettent des gains de productivité: pour un temps donné d'élevage( 15 semaines) le poids des dindes a presque doublé en dix ans. Ajouté à cela le confinement affecte les os qui ne supportent plus les corps. Bien sûr on ne peut échapper à la "réalité" économique.
Au dehors tout est propre, propret: maisons de petits bourgeois, jardins d'agrément, rocailles aux massifs de fleurs amoureusement entretenues. Vision idyllique d'une campagne de marketing , d'image publicitaire pour boite de camembert ; Monde à la Walt Disney, fantasmatique et plein de bons sentiments pour le consommateur en demande d'authenticité: "produit de la ferme garanti"
Suprême ironie: à deux pas de l'élevage de cochons et de ses truies monstrueuses vautrées dans la fange, au coeur des rejets de lisiers pestilentiels qui stagnent dans une fosse à côté des bâtiments trône la maison coquette et fleurie qui a obtenu le prix du "meilleur fleurissement"des fermes .
La vie suit son cours, tranquille, avec ses ragots et ses petites jalousies. On vote bien , on a la conscience pour soi et la morale pour les autres . Ici le christ est roi.
Et je passe encore là parfois, sachant tout : la sauvagerie derrière ces longs murs gris de panneaux en fibro gorgés d'amiante; cette souffrance ordinaire garante de notre vampirisme. Que faire sinon passer, donner le change , comme on dit, à la vue d'un de ces bourreaux innocents . Je fais semblant de ne pas voir, j'occulte comme tout le monde et me réfugie aussi dans les contingences, dans l'écume des jours, dans l'illumination de l'instant qui évite bien des réflexions douloureuses. Et je détourne le regard quand au supermarché mes yeux tombent sur ces barquettes de viande aseptisées en polystyrène.
Eviter la réflexion. Jusque quand?
"Pars!"dit Higelin, "surtout ne te retourne pas!"

Pensée pour lui( ou pour moi?)

Posté le 04.05.2008 par ecumesdesjours
En 1997 disparaissait Roland Topor . Me reviennent ses dessins cruels, crus, existentiels que je découvrais avec jubilation à chaque parution du"fou parle", revue d'art et d'humeur des années 70 . Depuis, le politiquement correct s'est insinué dans les moindres replis de la société . Il y a longtemps que cet état d'esprit ( l'établissement) n'est plus confiné à la sphère politico-médiatique et les bêtes immondes dont il s'accommode par sa pusillanimité tiennent le haut du pavé . Reste donc le rire hénaurme , cataleptique pour les bourgeois frileux que nous sommes tous devenus peu ou prou. Passage ,transition de ces êtres d'exception ,essentiels qui marquent votre destin.

Relecture de la "nébuleuse du crabe" d'Eric Chevillard

Posté le 22.04.2008 par ecumesdesjours
Allons!bon, ne barguignons pas, ne rechignons pas devant l'évidence qu'on est tous un peu cuits... tout juste... mûrs à point quoi ! ...pour faire une petite mise au point (définitive ?), mise en perspective, pour éviter le flou ; bref une réflexion sur le miroir de notre ego, avant de le traverser, le transpercer ( l'ego et le miroir ?). Brrr ! Bigre ! Enfin ne pas éviter... trop "incontournable"... donner un peu de sens à tout ça ; sans en avoir l'air, en lousdé, avec détachement ; rétrospectivement, relever le menton, un petit coup. Et de se dire enfin qu'ça sert à quoi, qu'ça sert à rien mais que...nonobstant et le toutim, que si...toutefois, quand bien même, que finalement...en termes de...en fait...et que , conjoncturel ou pas ce besoin, ce désir d'en découdre avec soi-même ... aïe aïle aïe ! docteur Freud ! .........
Bref une bonne fois: la vie, ta vie, la nôtre, qu'il faut l'envisager, la dévisager droit dans les yeux! Comment ? Comme une glauque pantomime où l'apprentissage du désespoir finirait par se fondre dans le plus grand chagrin , afin de devenir soi-même avant le grand départ (parangon tragique célinien) ; ou comme une comédie, comédie de genre . Ah ! Molière
Et Crab dans tout ça ? Le protagoniste du roman d'Eric Chevillard, si proche et si insaisissable, un personnage médian, religieux, liant, poisseux, asymptotique, qui n'aboutit jamais, qui n'en finit jamais, sans cesse recommencé, qui se dissoud dans les méandres du style jusqu'à s'abstraire dans la forme pure. Agaçant certes comme le clown lorsqu'il dévoile notre part d'ombre, quand le rire cesse et que le visage se fige. Décalé comme nous tous, toujours là sans y être, schizoïdes et un peu paranos ? éternels spectateurs, gardiens pusillanimes de notre quant à soi ... irrémédiablement burlesques.
En définitive un sacré poil à gratter ce Crab !

Blog d'Eric Chevillard à découvrir: http://l'autofictif.overblog.com
et bien sûr ses romans aux éditions de minuit

Inclination

Posté le 03.04.2008 par ecumesdesjours
Puis...séduction du vide
Espace en creux de tous les transferts
Trou noir
Qui absorbe les paradigmes
Toute la force de Dieu
Le concept vide par excellence
Magnétisme
Fascination de l'ineffable , de l'indicible
Rechercher la vacuité du terme
Ou le vider par
Usures , répétitions , mises en abîme
Jusqu'à l'ensorcellement de l'imaginaire recouvré
Silence , silences contre la dérision des logiques invasives
Pratiques de l'hypostase
Confusion des idées
Condensation des réalités
Jusqu'à la sublimation et l'évanescence du réel ...

En guise de départ

Posté le 30.03.2008 par ecumesdesjours
Un jour,dans la précision d'un instant dont la densité ne laisse plus place ni au doute ni à l'évitement confortable habituel du divertissement, le voile tombe. Le continuum de ton existence se fissure.
Le corps reprend alors ses prérogatives. Une sorte d'hapax existentiel; L'intestin se tord, la voix s'éteint, le vertige envahit les limbes de ton cerveau; la loi de la prédominance de l'esprit sur le corps est définitivement transgressée.
Et c'est alors, intimement , la sensation d'une naissance. L'acte primal d'un nouveau processus. Cette fois c'est terrifiant: avoir la certitude de vivre le premier jour... de la dernière partie de sa vie.
Certes on aurait pu encore longtemps éviter, louvoyer, prétexter, se divertir dans le spectacle ininterrompu du jeu social. Mais l'arbre encore dépouillé de ces premières journées de printemps, qui se projette dans l'encoignure de la fenêtre semble hors du temps. Dans le hors-champ de mon écriture, le temps social qui me paraissait si évident, objectif en somme, implose dans l'érosion de mon être.
Que faire? Se taire ou en dernier recours laisser quelques traces, maigres repères, caïrns dérisoires pour indiquer la voie, redonner du sens, rétablir l'espace-temps de son propre devenir en se fondant sur un Verbe salvateur.
Voila le projet s'il faut s'imposer à tout prix un but quand on prend la parole . Et si plus simplement la prise de parole était un simple pied de nez à tous les bavardages officiels et médiatisés. Une parole sans conséquence, légère, comme ça, au jour le jour, au fil du temps et des rencontres artistiques, humaines... Des humeurs vagabondes à suivre ...

Entrée en matière

Posté le 30.03.2008 par ecumesdesjours
Ce blog est l'expression modeste... d'un homme unique... et si commun à la fois qui présentera au gré de ses fantaisies ( ou de ses folies) les repères significatifs qu'il constitue au gré de ses rencontres. Du panégyrique au coup de gueule chacun y retrouvera son veau !
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