Allons!bon, ne barguignons pas, ne rechignons pas devant l'évidence qu'on est tous un peu cuits... tout juste... mûrs à point quoi ! ...pour faire une petite mise au point (définitive ?), mise en perspective, pour éviter le flou ; bref une réflexion sur le miroir de notre ego, avant de le traverser, le transpercer ( l'ego et le miroir ?). Brrr ! Bigre ! Enfin ne pas éviter... trop "incontournable"... donner un peu de sens à tout ça ; sans en avoir l'air, en lousdé, avec détachement ; rétrospectivement, relever le menton, un petit coup. Et de se dire enfin qu'ça sert à quoi, qu'ça sert à rien mais que...nonobstant et le toutim, que si...toutefois, quand bien même, que finalement...en termes de...en fait...et que , conjoncturel ou pas ce besoin, ce désir d'en découdre avec soi-même ... aïe aïle aïe ! docteur Freud ! .........
Bref une bonne fois: la vie, ta vie, la nôtre, qu'il faut l'envisager, la dévisager droit dans les yeux! Comment ? Comme une glauque pantomime où l'apprentissage du désespoir finirait par se fondre dans le plus grand chagrin , afin de devenir soi-même avant le grand départ (parangon tragique célinien) ; ou comme une comédie, comédie de genre . Ah ! Molière
Et Crab dans tout ça ? Le protagoniste du roman d'Eric Chevillard, si proche et si insaisissable, un personnage médian, religieux, liant, poisseux, asymptotique, qui n'aboutit jamais, qui n'en finit jamais, sans cesse recommencé, qui se dissoud dans les méandres du style jusqu'à s'abstraire dans la forme pure. Agaçant certes comme le clown lorsqu'il dévoile notre part d'ombre, quand le rire cesse et que le visage se fige. Décalé comme nous tous, toujours là sans y être, schizoïdes et un peu paranos ? éternels spectateurs, gardiens pusillanimes de notre quant à soi ... irrémédiablement burlesques.
En définitive un sacré poil à gratter ce Crab !
Blog d'Eric Chevillard à découvrir: http://l'autofictif.overblog.com
et bien sûr ses romans aux éditions de minuit